Une histoire de CV

6 février 2020 , Journal (plus) intime

On m’a toujours rabâché que mon CV était mon outil pour me vendre. Bon alors déjà là, j’aurais dû prendre 2 minutes pour y réfléchir. Avec le recul je sais ce que j’aurais voulu entendre : le CV est l’outil pour te raconter, pour pouvoir être choisie, si c’est juste. Il n’y avait rien à vendre.

Il y a eu les CV par ordre chronologique, aujourd’hui désuets semble-t-il, les CV par compétences, les CV artistiques, tu sais ceux que tu vois dans des articles sur le net pour te prouver que c’est effectivement possible de faire un CV qui retient l’attention! Il suffit de dessiner une fleur et d’écrire dans chaque pétale. Bref.

Rien de tout ça ne m’a réussi. Bien sûr je me suis pliée aux règles, même été un tant soit peu originale. Mais le résultat, je le savais, était toujours le même : je me sentais étriquée dans cet outil. Non vraiment, jamais ces pages Word ne me représentaient dans mon entièreté. Comment est-ce qu’un recruteur aurait pu me reconnaître (vraiment)?

 

La bréqua

 

Aujourd’hui je viens avec une proposition : pourquoi est-ce qu’on ne ferait pas des CV « par ressentis »? 

Chaque étape de ma vie a été ponctuée de grandes décisions portées par… mes ressentis. Ce sont eux qui m’ont fait avancer. Eux qui m’ont sortie de mes zones de confort. Eux qui m’ont fait relever des challenges. Eux qui font celle qui pourrait être choisie (ou non). 

 

Parce que ce sont mes choix et mes ressentis qui me racontent. Plus que tout.

À 18 ans j’ai choisi de ne pas choisir.

À 20 ans j’ai choisi d’ouvrir le champ des possibles. Je suis partie à l’autre bout du pays puis à l’autre bout du monde. Pour étudier l’autre bout de ma filière.

Avec mes diplômes et pendant plusieurs années, j’ai choisi d’honorer mon CV. À partir de là, c’est lui qui dictait mes choix. J’ai fait des choix par recherches de compétences. Recherche d’expériences qui se revendent. Pour prouver je ne sais quoi (à je ne sais qui). Pour ressembler au mouton à 5 pattes qui réussit. Pour cacher toute faiblesse (mais non je n’en avais aucune évidemment). Pour être une machine obéissante et productive.

Puis vient le moment où je me suis faite rattraper par mes élans de vie, que j’ai choisi d’honorer. Avais-je vraiment le choix d’ailleurs ?

Et quelques années plus tard, j’ai pris une décision des plus dures : celle d’honorer mes talents et mon âme. 

 

Un CV par ressentis, parce que ce sont eux qui racontent le mieux qui je suis.

 

Les mots #réussite et #objectif m’ont toujours fait froid dans le dos. Parce que je me sentais vide. Je m’y suis bien frottée, il s’agit quand même un moment de se sortir les doigts du c** (n’est-ce pas), mais c’était creux. Inlassablement creux. J’ai eu beaucoup de mal à me remplir. Ou plutôt à comprendre ce qui me remplissait.

Un jour j’ai senti que je ne serai jamais en vie si je ne changeais pas quelque chose drastiquement. Je suis partie vers les régions qui ont toujours su me réveiller. Les montagnes.

Puis j’ai senti que j’étais aveugle. Que j’étouffais comme dans un brouillard opaque. J’ai alors quitté mon CV et quitté la logique de mes études. Tant pis. J’ai arrêté l’engrenage. Et je me suis retrouvée désarmée. J’ai compris que je ne m’étais jamais formée pour être équipée à construire ma propre vie par moi-même. En un sens j’ai repris des études : l’étude de qui je suis.

Et finalement, j’ai senti que je ne pourrai pas avoir l’impact que je souhaite dans ce monde, si je ne me fiais pas corps et âme à mes ressentis.

 

En un sens j’ai repris des études : l’étude de qui je suis.

 

Aujourd’hui les ressentis sont mon outil de travail. Pour moi. Et pour mes clients. J’ai un master degree en quête existentielle. Et ma thèse a porté sur mes engrenages internes et sur les mécanismes intrinsèques à ma créativité et à mon impact systémique.

Oui, je plaisante.

Mais non, je ne plaisante pas.

Enfin tout dépend ce qu’on met derrière « master degree ».

 

J’aide les gens à être dans les ressentis.
Pour ceux qui veulent faire des choix avec fluidité et transmettre au monde qui ils sont.

 

 

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