Comment on s’exprime face à « ça »

Comment on s'exprime avec ça ?
Comment on s'exprime quand le monde vacille
Quand le monde prend feu
Quand le monde qu'on voulait imaginer se fait réduire en miette avant même d'avoir vu le jour

Comment on prend la parole quand on nous a appris à nous taire
Quand on nous appris à avoir peur
Peur de l'autre
Peur du regard
Peur de dénoter
Peur d'être la différence

Comment on laisse sortir ce qui boue en nous
Comment on fait pour ne pas se consommer de l'intérieur
Comment on fait


Comment je fais

Longtemps, je n'ai pas fait
Longtemps, j'ai renié ce besoin
Longtemps, j'ai gardé espoir
Gardé l'espoir que quelqu'un d'autre allait le faire pour moi
Que quelqu'un d'autre savait mieux faire que moi

Connerie
Tu sais pourquoi ? Parce que finalement, on ne le fait pas pour les autres, on le fait (aussi) pour soi. Aussi ou surtout ? Je ne sais pas quel adverbe est le plus juste.

Et j'en viens là à un sujet clef : ce qui est juste et ce qui est faux. Je crois que beaucoup de blocages se nourrissent de ces concepts. Le besoin d'écrire quelque chose de juste. D'exprimer quelque chose de qualifié. Quelque chose qui soit validé.

Satanée histoire de bonnes notes et d'éducation à la réussite.

Je te le donne en mille, on s'en fou si c'est faux. Exprime-toi. Exprime ce qui vient de ton coeur. De qui est dans ton corps et tambourine pour sortir. Pose-le quelque part. donne-lui une forme, peu importe laquelle. Mets-y des fautes. Tu peux.
Et transmets-le. Tu peux aussi.


4 lieux pour transmettre ce qu'on a besoin d'exprimer
(Classées sans ordre d'importance, uniquement par le fruit du hasard de ce qui me vient à l'esprit.)

  1. Les boites à lire : prend ton bout de papier avec un mot, une image, une pensée, et glisse-le dans un livre (que tu apportes ou qui est déjà là).

  2. Un réseau internet (communément appelé Réseau Social) : que ce soit sur un compte que tu as déjà, ou sur un nouveau que tu crées exprès pour l'occasion si tu as trop d'appréhension à être vu.e/lu.e par des gens que tu connais.

  3. L'espace publique : oui, c'est interdit d'accrocher des choses dans l'espace publique. Même s'il est, pourtant, publique. Mais ceci est un autre sujet que développerait peut-être un jour, mais pas aujourd'hui. Choisir un tronc d'arbre, un banc, un recoin de rue ; et y punaiser ou scotcher un bout de quelque chose qu'on a à exprimer. C'est une expérience.

  4. Les cimetières : rien ne sert de nourrir les morts ? Peut-être pas. Mais peut-être que, eux, peuvent accueillir ce que tu as à exprimer sans jugement. Tu peux t'y promener librement et y laisser aller tes pensées.

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